Le suédois Nederman, l’un des principaux spécialistes mondiaux de l’extraction et de la filtration de l’air industriel, a publié le 21 octobre son rapport pour les neuf premiers mois de 2026. Ses prises de commandes progressent nettement au troisième trimestre, alors que son chiffre d’affaires et ses marges reculent. Ce décalage reflète bien la situation de nombreux industriels : les besoins en captage des fumées et des poussières sont là, mais les gros investissements se décident lentement.
Plan de l'article
Des commandes en hausse, des ventes en léger recul #
Selon le rapport intermédiaire janvier-septembre 2026 publié par Nederman Holding, les commandes reçues au troisième trimestre atteignent 1 414 millions de couronnes suédoises, contre 1 251 millions un an plus tôt. À taux de change constants, la hausse est de 11,8 %.
Le chiffre d’affaires du trimestre s’établit à 1 420 millions de couronnes, contre 1 434 millions, soit un recul de 1,7 % à taux de change constants. La rentabilité suit la même pente : l’EBITA ajusté passe de 166,4 à 131,1 millions de couronnes, et la marge correspondante de 11,6 % à 9,2 %. Le résultat net trimestriel ressort à 59,1 millions de couronnes, contre 79,3 millions.
Sur les neuf premiers mois, les commandes sont quasi stables en valeur (4 162 millions de couronnes contre 4 176 millions), mais progressent de 3,4 % à taux de change constants. Les ventes reculent de 2,5 % sur la même base, à 4 039 millions de couronnes.
Un carnet de commandes qui doit encore se transformer
Pour un fabricant d’équipements comme Nederman, l’écart entre commandes et facturation est classique : un système de captage pour une usine se conçoit, se fabrique puis s’installe sur plusieurs mois. Une hausse des commandes annonce donc de l’activité pour les trimestres suivants. Le directeur général Sven Kristensson le dit clairement dans son commentaire : le groupe s’attend à « une fin d’année solide » grâce au carnet de commandes et à un portefeuille de projets jugé prometteur (citation traduite de l’anglais).
Les industries traditionnelles freinent, de nouveaux secteurs prennent le relais #
Le rapport est franc sur l’origine du ralentissement. Plusieurs industries historiquement grosses consommatrices de ventilation et de dépoussiérage traversent une période difficile : le dirigeant cite l’automobile, le textile et le bois. Dans un environnement économique jugé incertain, les clients continuent de retarder leurs investissements importants.
Pour compenser, Nederman se tourne vers des secteurs en croissance. Au troisième trimestre, le groupe indique avoir décroché :
Une première commande dans la défense en Europe, avec des produits issus de sa filiale canadienne Duroair.
De nouvelles commandes dans l’industrie pharmaceutique pour une solution de mesure et de déclaration des émissions, développée grâce au rachat de la société danoise Olicem.
Une entrée dans le recyclage des métaux aux États-Unis, avec ses solutions européennes de séparation des poussières et de filtration économe en énergie.
Ses premières commandes dans les semi-conducteurs en Asie, après l’homologation de ses instruments de mesure à technologie laser.
La mesure des émissions, un relais de croissance
Ce dernier point mérite l’attention des exploitants de sites industriels. La ventilation ne se limite plus à aspirer et filtrer : il faut désormais prouver, mesures à l’appui, que les rejets respectent les valeurs autorisées. Nederman se présente d’ailleurs comme une entreprise qui surveille et optimise la performance des installations et « valide la conformité des émissions ». L’association d’un réseau de captage, de filtres et d’une instrumentation de suivi en continu devient un argument commercial à part entière.
Des usines modernisées en Europe et aux États-Unis #
Le groupe détaille aussi ses investissements industriels. Sa division Extraction & Filtration Technology, la plus importante, dispose désormais d’un site modernisé à Helsingborg, en Suède, présenté comme un atout de compétitivité en Europe. Aux États-Unis, Nederman est en train d’emménager dans une usine agrandie à Charlotte, en Caroline du Nord, qui doit être pleinement opérationnelle au printemps 2027.
La division Duct & Filter Technology a de son côté modernisé sa production et sa logistique, d’abord aux États-Unis puis en Europe, pour devenir un fournisseur complet. Selon le rapport, ce repositionnement lui permet de remporter des commandes plus importantes, notamment sur des projets techniquement exigeants.
Ce que cela dit du marché de la ventilation industrielle #
Nederman emploie environ 2 400 personnes et est présent dans plus de 50 pays, selon la présentation du groupe jointe au rapport (une version suédoise du communiqué est également disponible). Ses résultats donnent donc une bonne indication de la conjoncture du secteur.
Deux enseignements ressortent. D’abord, la demande de fond ne faiblit pas : la protection des opérateurs contre les fumées de soudage, les poussières et les vapeurs reste une obligation, et la pression réglementaire sur les rejets s’accentue. Ensuite, les projets lourds de renouvellement d’installations restent suspendus aux décisions d’investissement, qui tardent dans les secteurs en difficulté. Pour les responsables de site qui préparent un projet de captage ou de filtration, la période est plutôt favorable à la négociation, avec des fournisseurs qui cherchent à remplir leurs ateliers.
Les prochains résultats, attendus avec le bilan annuel, diront si la « fin d’année solide » annoncée par la direction se confirme. Les informations financières du groupe sont publiées sur le site de Nederman Group.
