La ventilation industrielle repose sur des grandeurs aérauliques précises — débits, pressions, vitesses d’air — et un vocabulaire technique spécifique. Ce lexique de la ventilation industrielle réunit les définitions des termes que l’on croise le plus souvent : débit d’air, renouvellement, extraction, caisson, gaine. Chaque entrée va à l’essentiel : ce que le mot veut dire, à quoi il sert et pourquoi il compte sur le terrain.
01Débit d’air
Volume d’air déplacé par unité de temps, exprimé en mètres cubes par heure (m³/h). C’est la grandeur de base du dimensionnement d’une installation de ventilation : il détermine la capacité à renouveler l’air ou à capter un polluant. Un débit insuffisant laisse s’accumuler les polluants ; un débit excessif gâche de l’énergie.
02Renouvellement d’air
Remplacement de l’air vicié d’un local par de l’air neuf, exprimé en volume horaire ou en nombre de renouvellements par heure (taux de brassage). Il évacue chaleur, humidité, odeurs et polluants. Le Code du travail fixe des débits minimaux d’air neuf par occupant selon l’activité du local.
03Ventilation générale
Technique qui dilue les polluants dans tout le volume d’un local en apportant de l’air neuf et en extrayant l’air vicié. Adaptée aux pollutions diffuses et de faible toxicité, elle est moins efficace que le captage à la source pour les émissions ponctuelles et concentrées. On la combine souvent avec une ventilation locale.
04Ventilation locale (captage)
Dispositif qui aspire les polluants directement à leur point d’émission, avant leur diffusion dans l’atelier : hotte, table aspirante, bras articulé. Plus efficace et économe que la ventilation générale, elle est recommandée dès que la source de pollution est identifiée et localisée. Son efficacité dépend de la vitesse de capture.
05Extraction d’air
Évacuation de l’air vicié d’un local vers l’extérieur au moyen d’un ventilateur et d’un réseau de gaines. Elle crée une dépression qui aspire l’air chargé de polluants, de chaleur ou d’humidité. Elle doit être compensée par un apport d’air neuf équivalent pour rester efficace.
06Insufflation
Introduction mécanique d’air neuf dans un local, par opposition à l’extraction. Elle permet de maîtriser la qualité, la température et la répartition de l’air entrant, et de créer une légère surpression pour protéger une zone propre. Associée à l’extraction, elle forme une ventilation à double flux.
07Caisson de ventilation
Enceinte qui abrite le ventilateur et, souvent, les organes de filtration et d’insonorisation d’une installation. Il assure la mise en mouvement de l’air tout en limitant le bruit émis. Son dimensionnement dépend du débit et de la pression à vaincre dans le réseau.
08Gaine (conduit aéraulique)
Conduit qui achemine l’air entre les différents éléments d’une installation : prises d’air, ventilateur, bouches. Sa section, sa forme et son état conditionnent la perte de charge et donc l’énergie consommée. Des coudes trop serrés ou un encrassement réduisent fortement le débit réel.
09Réseau aéraulique
Ensemble des gaines, coudes, piquages, registres et bouches qui distribuent ou collectent l’air dans un bâtiment. Sa conception vise à acheminer le bon débit à chaque point avec le minimum de pertes de charge. Un réseau mal équilibré sur-ventile certaines zones et en sous-ventile d’autres.
10Pression statique
Pression exercée par l’air sur les parois d’un conduit, indépendamment de son mouvement. Avec la pression dynamique (liée à la vitesse), elle compose la pression totale que le ventilateur doit fournir. Elle traduit la résistance du réseau que l’appareil doit vaincre pour déplacer l’air.
11Vitesse de capture
Vitesse de l’air créée par un dispositif de captage au point d’émission d’un polluant, suffisante pour l’entraîner vers la hotte malgré les courants d’air parasites. Trop faible, le captage laisse échapper une partie des polluants. Sa valeur dépend de la nature de l’émission et de son énergie initiale.
12Ventilateur centrifuge
Ventilateur où l’air entre dans l’axe de la roue et ressort perpendiculairement, après avoir été accéléré par la force centrifuge. Il génère des pressions élevées et convient aux réseaux longs ou résistants. On l’oppose au ventilateur hélicoïde, plutôt adapté aux grands débits à faible pression.
13Ventilateur hélicoïde
Ventilateur dont l’air traverse la roue parallèlement à l’axe, comme une hélice. Il déplace de grands volumes d’air sous faible pression, ce qui le destine à l’extraction murale ou au désenfumage. Il est moins adapté aux réseaux de gaines complexes et résistants.
14Compensation d’air
Apport d’air neuf destiné à remplacer l’air extrait d’un local, afin d’éviter une dépression excessive qui nuirait au tirage, aux portes et à l’efficacité de l’extraction. Elle peut être naturelle (entrées d’air) ou mécanique, et souvent tempérée en hiver. Sans compensation, une installation d’extraction perd son efficacité.
15VMC
Ventilation Mécanique Contrôlée : système qui assure en permanence le renouvellement de l’air d’un bâtiment grâce à un ou plusieurs ventilateurs. En version simple flux, elle extrait l’air vicié ; en double flux, elle insuffle aussi de l’air neuf en récupérant la chaleur de l’air extrait. Elle équipe locaux tertiaires et zones de production.
16Équilibrage aéraulique
Réglage des débits d’un réseau, grâce à des registres, pour que chaque bouche délivre la valeur prévue au projet. Sans équilibrage, les bouches proches du ventilateur reçoivent trop d’air et les plus éloignées pas assez. C’est une étape de mise en service indispensable à la performance de l’installation.
17Désenfumage
Dispositif de sécurité destiné à évacuer fumées et chaleur en cas d’incendie, pour maintenir des chemins d’évacuation praticables et faciliter l’intervention des secours. Il peut être naturel (ouvrants en toiture) ou mécanique (ventilateurs). Il répond à des règles distinctes de celles de la ventilation de confort.
18Free cooling
Mode de rafraîchissement qui utilise l’air extérieur, lorsqu’il est plus frais que l’air intérieur, pour évacuer la chaleur d’un local sans recourir à une production de froid. Piloté par des sondes de température, il réduit la consommation énergétique, notamment la nuit ou en mi-saison. On parle aussi de « refroidissement naturel ».
19Débit de fuite
Volume d’air qui s’échappe involontairement d’un réseau de gaines par les défauts d’étanchéité des assemblages. Il réduit le débit utile aux bouches et augmente la consommation du ventilateur. La classe d’étanchéité d’un réseau (A à D) caractérise le niveau de fuite admissible.
20Bouche d’extraction
Terminal du réseau par lequel l’air vicié est aspiré dans un local. Sa forme et son réglage déterminent le débit local et la répartition de l’aspiration. Bien positionnée, elle capte l’air le plus chargé ; mal placée ou obstruée, elle crée des zones mortes où les polluants stagnent.