Déstratification d’un atelier avant l’hiver : ce qu’exige la fiche CEE IND-BA-110

Un atelier industriel existant, complètement clos, chauffé et haut d’au moins 5 mètres peut financer sa déstratification d’air avec la fiche CEE IND-BA-110, à condition qu’une note de dimensionnement signée précède la pose et que le local ne soit ni un entrepôt ni chauffé sous 15 °C.

  • La version A71.4 de la fiche IND-BA-110 s’applique depuis le 1er août 2025, pour des opérations engagées avant le 1er août 2030.
  • Le déstratificateur ramène vers le sol la chaleur accumulée sous la toiture, sans produire lui-même de chaleur.
  • Entrepôts, réserves, locaux de stockage, consignes inférieures à 15 °C et brasseurs d’air plafonniers sont exclus.
  • Le montant est un forfait par kW de chauffage : 7 200 kWh cumac par kW en convectif zone H1, par exemple.

Pourquoi un atelier chauffé reste-t-il froid au sol ? #

L’air chaud est plus léger : il monte et s’accumule sous la toiture ou le faîtage, tandis que la zone où travaillent les opérateurs reste plus fraîche. Dans un bâtiment de grande hauteur, le chauffage tourne alors pour réchauffer un volume que personne n’occupe. C’est la stratification thermique, un phénomène qui s’accentue dès que les températures extérieures baissent.

Un système de déstratification d’air redistribue la chaleur située près du plafond vers le sol. Selon la définition de la fiche, il n’apporte aucune chaleur propre et reste indépendant du système de chauffage : il valorise simplement l’air déjà chauffé. Octobre est le bon moment pour lancer l’étude, avant la pleine saison de chauffe.

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Quels locaux sont éligibles à la fiche IND-BA-110 ? #

La fiche « Système de déstratification d’air », publiée sur le calculateur CEE de l’ADEME, vise un bâtiment industriel existant en France métropolitaine. Le local doit être de grande hauteur, complètement clos et chauffé par un système convectif, radiatif, ou les deux. Sa hauteur sous plafond ou sous faîtage doit être supérieure ou égale à cinq mètres.

Trois exclusions écartent beaucoup de projets. Les entrepôts logistiques, réserves, entrepôts et locaux de stockage ne sont pas éligibles : les surfaces logistiques relèvent d’autres solutions, détaillées dans notre article sur la ventilation d’un entrepôt. Les locaux dont la consigne de chauffage en occupation est strictement inférieure à 15 °C sont également exclus. Enfin, les brasseurs d’air plafonniers ne relèvent pas de cette fiche.

Quelles exigences techniques le système doit-il respecter ? #

La fiche distingue deux types d’écoulement. En écoulement vertical, l’air est aspiré à au plus un cinquième de la hauteur en partant du plafond ou du faîtage, puis soufflé vers le sol avec une vitesse maximale de 0,2 m/s à un mètre du sol. Cette limite évite de créer une gêne pour les postes de travail, un sujet voisin de celui des courants d’air en atelier.

En écoulement horizontal, les couches d’air sont aspirées sur toute la hauteur : le point le plus bas à au plus un mètre du sol, le point le plus haut à au plus un mètre du plafond. Le système intègre un dispositif de mélange de l’air aspiré et respecte la même vitesse maximale de 0,2 m/s à un mètre du sol.

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Dans les deux cas, le système doit être asservi à au moins une mesure de température de l’air prise entre l’équipement et le plafond. Il ne doit ni chauffer l’air ni être alimenté par le chauffage ou par une récupération de chaleur fatale. La pose est réalisée par un professionnel couvert par une assurance décennale pour les travaux d’électricité.

Que doit contenir la note de dimensionnement ? #

Le nombre d’appareils ne se choisit pas au jugé. La note de dimensionnement et le calepinage sont établis par un professionnel ou un bureau d’études qualifié OPQIBI 1327 ou 1717, ou réalisant ses études selon les normes NF X 50-091 ou NF EN 16247. C’est le document justificatif spécifique de l’opération.

Elle mentionne au minimum la hauteur, le volume et la surface du local, les moyens de chauffage et leurs puissances nominales, la consigne en occupation, le besoin minimal de brassage d’air par heure, ainsi que les marques, références et le plan d’implantation des équipements. Elle est datée et signée par son auteur et par le bénéficiaire, qui valide ainsi les hypothèses retenues. Le nombre d’appareils posés doit être cohérent avec ses préconisations.

La preuve de réalisation (facture) doit indiquer l’asservissement à la température, le nombre d’appareils, l’orientation du flux, la vitesse de l’air à un mètre du sol et la somme des puissances de chauffage, en précisant leur nature radiative ou convective. À défaut, elle cite marques et références, complétées par un document du fabricant ou d’un organisme accrédité selon NF EN ISO/CEI 17065.

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Combien de certificats une déstratification rapporte-t-elle ? #

La durée de vie conventionnelle retenue est de 15 ans. Le montant se calcule pour l’ensemble du local déstratifié, en multipliant la puissance nominale du chauffage du local (en kW) par un forfait qui dépend de la zone climatique et du type de chauffage.

Zone climatique Chauffage convectif (kWh cumac par kW) Chauffage radiatif (kWh cumac par kW)
H1 7 200 2 500
H2 8 000 2 800
H3 8 500 3 000

Sont classés en convectif les centrales de traitement d’air, rooftops, aérothermes, générateurs d’air chaud, make-up et ventilo-convecteurs ; en radiatif, les cassettes, tubes et panneaux radiants et les planchers chauffants. Les deux montants se cumulent si le local combine les deux. Quand une chaudière chauffe plusieurs locaux, seule la part de sa puissance au prorata des volumes chauffés est retenue.

À titre d’illustration, un atelier en zone H1 chauffé par 100 kW d’aérothermes représente 100 × 7 200, soit 720 000 kWh cumac. La fiche ne fixe aucune valeur en euros : la prime dépend du prix du kWh cumac négocié avec l’obligé ou le mandataire.

Qu’est-ce qui a changé par rapport à l’ancienne version ? #

La version précédente de la fiche (v69-3) calculait le montant selon le mode de fonctionnement du site (1x8h, 2x8h, 3x8h avec ou sans arrêt le week-end) et un coefficient lié à la hauteur du local. Elle demandait simplement un thermostat. La version A71.4, diffusée par le ministère de la Transition écologique, remplace ce calcul par un forfait par kW et ajoute les exclusions, les exigences de flux d’air et la qualification du bureau d’études.

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Pour un exploitant, la conséquence est directe : un devis ou une étude rédigés selon l’ancienne logique ne suffisent plus. La version applicable est celle en vigueur à la date d’engagement de l’opération, en pratique la date d’acceptation du devis.

Questions fréquentes #

Un entrepôt de stockage chauffé peut-il bénéficier de la fiche IND-BA-110 ?

Non. La version A71.4 exclut explicitement les entrepôts logistiques, les réserves, les entrepôts et les locaux de stockage, même chauffés et de grande hauteur.

Quelle hauteur minimale faut-il pour déstratifier avec une prime CEE ?

La hauteur sous plafond ou sous faîtage du local doit être supérieure ou égale à cinq mètres, et le local doit être complètement clos et chauffé.

Comment se calcule le volume de certificats d’une déstratification ?

On multiplie la puissance nominale du chauffage du local en kW par un forfait : de 7 200 à 8 500 kWh cumac par kW en convectif et de 2 500 à 3 000 en radiatif, selon la zone climatique.

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À retenir

  • Fiche IND-BA-110 version A71.4 : local industriel existant, clos, chauffé à 15 °C minimum en occupation, hauteur d’au moins 5 mètres.
  • Entrepôts, locaux de stockage et brasseurs plafonniers sont exclus.
  • Note de dimensionnement signée par un bureau d’études qualifié avant la pose, vitesse d’air limitée à 0,2 m/s à un mètre du sol.
  • Forfait de 7 200 à 8 500 kWh cumac par kW en convectif, de 2 500 à 3 000 en radiatif.

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