Le 29 octobre à midi, la dernière ligne de production de l’usine Broan-NuTone — Venmar de Drummondville, au Québec, s’est arrêtée. Le site du boulevard Lemire fabriquait des échangeurs d’air, ces appareils de ventilation qui renouvellent l’air intérieur des logements en récupérant une partie de la chaleur de l’air extrait. Avec cette fermeture, annoncée dès le printemps, c’est plus d’un demi-siècle d’histoire industrielle locale qui se termine, et un signal de plus sur la façon dont les fabricants de ventilation réorganisent leur production.
Plan de l'article
Une fermeture annoncée en avril, exécutée fin octobre #
La décision n’est pas une surprise pour les salariés. Comme le rappelle L’Express de Drummondville, l’entreprise, spécialisée dans la fabrication et la distribution de produits de ventilation liés à la qualité de l’air intérieur, avait annoncé en avril la fin des activités de fabrication et d’entreposage de son usine pour la fin de l’année. Le syndicat des Métallos évoquait alors 130 membres syndiqués mis à pied.
Le média local Vingt55, qui avait révélé l’information le 7 avril, explique que l’arrêt devait s’échelonner sur plusieurs mois, le temps de terminer certaines commandes et d’organiser une transition pour le personnel. Au fil des semaines, les effectifs ont fondu : une partie des salariés avait déjà retrouvé un poste ailleurs avant la date finale. Les deux bâtiments, l’usine du boulevard Lemire et l’entrepôt de la rue Haggerty, doivent maintenant trouver une nouvelle vocation.
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La fin de la production d’échangeurs d’air au Québec
Un salarié présent depuis 24 ans, Benoit Gendron, a résumé la portée de la journée dans un message relayé par Vingt55 : « C’était la fin de la production des échangeurs d’air Venmar au Québec. » Selon L’Express, certains employés travaillaient sur le site depuis l’ouverture de Venmar Ventilation, en 1978. Le journal précise que la partie administrative doit, d’après des salariés rencontrés sur place, continuer à fonctionner pendant une durée indéterminée.
Des raisons encore floues, des tarifs douaniers pointés du doigt #
L’entreprise n’a pas répondu aux sollicitations de L’Express, et les causes exactes de la fermeture ne sont pas officiellement détaillées. Sur place, plusieurs salariés avancent une explication : les tarifs douaniers imposés par l’administration américaine en avril 2025. L’un d’eux, Denis Millette, estime que les opérations seront transférées en Chine et, pour une part, aux États-Unis. Il s’agit de leur lecture de la situation, pas d’une annonce de la direction, et elle doit être prise comme telle.
Ce point mérite qu’on s’y arrête pour un lecteur industriel. Un échangeur d’air est un produit relativement volumineux, assemblé à partir de caissons, de ventilateurs, d’un noyau d’échange et d’une électronique de commande. Quand les droits de douane changent l’équation entre deux pays voisins, la question de l’emplacement de l’assemblage final se pose très vite pour un groupe qui produit sur plusieurs continents. La fermeture de Drummondville illustre cette logique de rationalisation, même si le détail des volumes transférés n’a pas été rendu public.
Le climat social des derniers mois #
Les témoignages recueillis par L’Express décrivent une fin difficile. Une assembleuse, employée depuis 23 ans et qui a souhaité rester anonyme, évoque une prime de fin d’emploi de 5 000 dollars accordée à ceux qui sont restés jusqu’au bout, et regrette qu’elle soit identique pour tous, quelle que soit l’ancienneté. Un sableur-assembleur arrivé il y a sept ans, Robin Ouellet, parle d’un choc à l’annonce, juste après Pâques : « Je pensais faire ma vie ici. »
Ces récits rappellent une réalité souvent oubliée dans les débats sur la qualité de l’air intérieur : derrière chaque centrale de ventilation, il y a des métiers d’assemblage, de tôlerie et de contrôle qualité, et un savoir-faire qui ne se reconstitue pas en quelques semaines lorsqu’une ligne est déplacée.
Ce que cette fermeture dit au marché de la ventilation #
Une demande qui reste, une production qui bouge
Le besoin de renouveler l’air des bâtiments ne disparaît pas avec l’usine. Les logements de plus en plus étanches, qu’ils soient neufs ou rénovés, ont besoin d’une ventilation mécanique fiable pour évacuer l’humidité et les polluants intérieurs. Ce qui change, c’est l’endroit où les appareils sont fabriqués. Pour les installateurs et les prescripteurs, cela peut se traduire par des délais d’approvisionnement différents, une disponibilité des pièces détachées à surveiller et des gammes qui évoluent au gré des réorganisations industrielles.
Pour les acheteurs industriels, un réflexe à prendre
Les responsables maintenance et les bureaux d’études qui ont standardisé un modèle d’échangeur ou de caisson ont intérêt à vérifier, auprès de leur distributeur, la continuité de la gamme et le stock de pièces d’usure : moteurs, filtres, noyaux, cartes de commande. Lorsqu’un site de production ferme, ce sont souvent les références les plus anciennes qui disparaissent en premier du catalogue. Anticiper un remplacement plutôt que le subir en pleine saison de chauffe reste la meilleure façon de garder une installation conforme et efficace.
Ce mouvement contraste avec d’autres décisions récentes du secteur, où certains fabricants choisissent au contraire d’agrandir leurs usines au plus près de leurs marchés. Entre relocalisation et transfert vers des sites à moindre coût, l’industrie de la ventilation se redessine, et l’arrêt de Drummondville en est l’un des épisodes les plus visibles de cet automne.
Questions fréquentes #
Que fabriquait l’usine Venmar de Drummondville ?
Des échangeurs d’air destinés à la ventilation des logements, selon le témoignage d’un salarié rapporté par Vingt55.
Combien d’emplois sont concernés ?
Le syndicat des Métallos évoquait 130 membres syndiqués mis à pied après l’annonce d’avril, d’après L’Express de Drummondville.
Pourquoi l’usine a-t-elle fermé ?
L’entreprise n’a pas détaillé publiquement ses raisons. Des salariés attribuent la décision aux tarifs douaniers américains et à un transfert de production, sans confirmation de la direction à ce stade.




